Les taux de crédit stables pour plusieurs mois

Les inquiétudes de certains spécialistes concernant la croissance dans la zone euro les incitent à penser que les taux de crédit ne vont pas remonter significativement en 2019.

Les futurs acheteurs immobiliers encore indécis ont encore quelques mois pour se décider avant que les taux ne remontent. Pour arriver à cette conclusion, on se fonde sur deux critères principaux :

  • la Banque centrale européenne a décidé de laisser ses taux inchangés, au moins jusqu’à cet été
  • compte tenu des prévisions de croissance à la baisse dans la zone euro, on peut s’attendre à une poursuite de la politique arrangeante de la BCE, qui a contribué depuis plusieurs années à maintenir d’excellentes conditions de crédit en Europe et notamment en France.

taux de crédit

Un certain immobilisme

Le maintien des taux d’emprunt d’État à un niveau historiquement bas (moins de 0,6% contre 0,8% fin 2018) devrait permettre aux banques de continuer à mener une politique de taux de crédit attractifs sans trop rogner sur leurs marges, d’autant que, tant que les taux directeurs de la BCE n’augmenteront pas, elles continueront à obtenir d’excellentes conditions de refinancement.

Le démarrage de l’activité pour cette nouvelle année est plus lent que les années précédentes. Un immobilisme imputé au prélèvement à la source et au mouvement des gilets jaunes. Les banques devraient maintenir un taux bas pour soutenir la demande.

Début janvier, les taux de crédit moyens étaient à 1,35% sur 15 ans, 1,55% sur 20 ans et 1,75% sur 25 ans.

Voir ici le baromètre des taux de crédit.

Les taux de crédit immobilier repartent à la baisse

En décembre 2018, les taux d’intérêts des crédits immobiliers se sont stabilisés à 1,43%, selon les derniers chiffres de l’observatoire Crédit Logement/CSA.

Les établissements bancaires français ont légèrement abaissé en décembre les taux d’intérêts des crédits immobiliers aux particuliers. En décembre 2018, les taux se sont établis à 1,43%, à un niveau pratiquement inchangé depuis six mois. Le premier organisme regroupe comme actionnaires les principales banques françaises, le second est un institut d’études de marché. De juillet à octobre, les taux moyens étaient de 1,43%, avant de remonter très légèrement à 1,44% en novembre.

Ce chiffre, qui s’entend toutes durées de prêts confondues, achève ainsi l’année en légère baisse – il s’était établi à 1,50% voici un an – et non loin de son plancher historique de 2016, à peine plus de 1,30% : il l’avait touché après des années de baisse relativement régulière depuis la crise de 2008.

taux de crédit immobilier

Gagner du pouvoir d’achat en s’endettant

Surtout, depuis la deuxième moitié de l’année, le taux moyen s’établit en dessous de l’inflation qui a, elle, accéléré en 2018 pour s’établir à 1,8%. Théoriquement, cela revient à dire qu’il est possible de gagner du pouvoir d’achat en s’endettant pour un achat immobilier. Néanmoins, les chiffres de l’observatoire s’entendent bruts et ne comprennent par exemple pas l’assurance des prêts, systématiquement demandée par l’organisme créancier.

Cette situation est rendue possible par les conditions de financement et de refinancement de la production, alors que la Banque centrale européenne mène depuis plusieurs années une politique interventionniste très favorable au crédit, ainsi que par une concurrence toujours vive entre les établissements de crédit.

Comment attirer les emprunteurs ?

Si les taux semblent atteindre un plancher, les banques trouvent d’autres terrains pour attirer les emprunteurs, alors que les prix de l’immobilier continuent à monter en France. Selon les chiffres de l’Observatoire, la durée moyenne des prêts s’est allongée de dix mois cette année pour finir à 226 mois (soit 18,8 ans), un niveau sans précédent, tandis que les banques ont encore allégé leurs exigences.

Les conditions d’octroi des crédits se sont considérablement assouplies avec des taux d’apport qui n’ont jamais été aussi bas depuis 1978, un mouvement qui dure depuis 2012 et s’est accéléré à partir de 2017.